L'association

  • a été créée en 1989 sous la présidence de Gilbert Destrez
  • a son siège à la Mairie de La Chalade (55120)
  • a pour objectif d'aider à la sauvegarde de l'église abbatiale de La Chalade et de son site (contribution au financement des travaux d'entretien courant et des gros travaux) et à leur mise en valeur (animations, communication)
  • est pilotée par un conseil d'administration formé de membres de droit :

- les conseillers départementaux du canton de Clermont-en-Argonne : Jean-François Lamorlette, Arlette Palanson

- le curé affectataire : Abbé Robert Hesse

- le Maire de La Chalade ou son représentant

 

et de membres élus :

 

- Président : Christian Rouyer

- Vice-président : Colonel (R) Henri Challan-Belval

- Secrétaire : Bernard Villefayot

- Trésorier : Laurent Dequenne

- Membres : Noëlle Cazin, Christine Challan-Belval, Jean-Louis Jannin, Aude Langlade de Montgros, Elisabeth Ozouf

  • a tenu sa dernière assemblée générale ordinaire le samedi 22 avril 2017, à 11 heures dans la salle des associations de la Mairie de La Chalade (suivie d'un verre de l'amitié).
  • est membre de la Charte européenne des abbayes et sites cisterciens (http://www.cister.net/)

L'église abbatiale

Vers 1120, deux moines bénédictins, Robert et Ricuin quittent l'abbaye Saint Vanne de Verdun pour s'installer sur un terrain donné par des châtelains de Vienne-le-Château, dans un lieu désert, La Chalade, au cœur de la forêt d'Argonne. Sur ordre de l'évêque, Ricuin se rend quelque temps plus tard à l'abbaye des Trois-Fontaines (Haute-Marne), fondée depuis peu par les cisterciens de Clairvaux (Aube) et obtient l'envoi de religieux. La construction d'une église de style roman est entreprise dès 1127. Elle est consacrée en 1136. L'abbaye s'enrichit au fil des ans de dons et legs.


Une nouvelle église est bâtie entre 1320 et 1340 dans le style gothique en utilisant un matériau du pays, la gaize, un grès jaune et gélif, qui constitue le sous-sol de toute l'Argonne. Les religieux entretiennent des verreries, des forges et des tuileries et mettent en valeur la Biesme, un affluent de l'Aisne.

 

L'institution de la "commende" en 1592 marque le début du déclin. Les abbés nommés par le roi et non plus par l'Eglise sont plus enclins à percevoir les bénéfices attachés au titre qu'à assumer les devoirs de leur charge et à assurer le bon entretien des bâtiments.


Au cours des siècles, l'abbaye connut son lot de guerres, de pillages et d'épidémies. Elle fut même abandonnée de 1650 à 1657. L'église perdit alors plusieurs travées. La longueur de sa nef haute de 14,50 mètres, passa de 49,80 mètres à 32,20 mètres.


A la veille de la Révolution, il ne restait plus qu'une dizaine de religieux qui avaient loué les bâtiments inoccupés à un gentilhomme verrier, Monsieur de Bigault de Parfonrut. Celui-ci se porta acquéreur du monastère à la vente des biens nationaux en 1790, le préservant de la démolition.

 

Laissée sans entretien, l'église commençait à tomber en ruines au début du XIXème siècle lorsque son nouveau curé, l'abbé Chaput, qui desservit l'église de 1851 à 1881, entreprit sa restauration. Les difficultés financières et un contentieux avec la commune le poussèrent à renoncer à reconstruire le clocher. L'abbatiale fut classée monument historique en 1862.


Si l'abbaye transformée en poste de  premier secours fut relativement épargnée en 1914-1918, alors que le village était détruit, elle subit de gros dégâts lorsqu'un chapelet de bombes tomba par erreur sur le cimetière attenant en 1940.

 

Le chœur pentagonal, inondé de lumière par de hautes fenêtres géminées, est flanqué de part et d'autre de chapelles qui forment les bras du transept. La décoration est sobre. Plusieurs vitraux sont des grisailles datant du début du XIVème siècle, le seul cas de grisaille cistercienne en Lorraine (la grisaille est une technique de peinture sur verre, vitrifiable, plus ou moins transparente, de ton gris-brun, obtenue par mélange d'oxyde de fer et de cuivre auquel on ajoute un fondant ; elle est étendue au pinceau et autorise un travail de modelé en demi-teinte qui peut être accentué par des enlevés ou grattage de la grisaille séchée avec des pointes de bois). La grande rosace du XVème siècle (7 mètres de diamètre) provient de l'abbaye Saint Vanne de Verdun. Trois dalles funéraires du XIIIème siècle rappellent que des chevaliers furent inhumés dans cette église.

L'Argonne 

La Chalade et son abbaye ont toujours été indissociables de leur environnement géographique, socio-culturel et forestier argonnais.

La Chalade - Présentation

Situé aux confins de la Meuse, dans la partie nord-ouest du département, La Chalade (19,2 km²) est un village d'Argonne parmi d'autres, blotti au cœur du massif forestier, là où la vallée de la Biesme, jadis frontière du Saint-Empire romain-germanique, est la plus étroite. Il est limitrophe de cinq communes, Vienne-le-Château et Florent-en-Argonne dans la Marne, Le Claon, Neuvilly-en-Argonne et Boureuilles dans la Meuse.

Il tirerait son nom du bas latin "caladia" ("terrain en pente"). Le bourg vivait autrefois de l'exploitation du bois (verreries, briqueteries, fabrication de charbon de bois, charroi, forges etc.). Il a inspiré plusieurs ouvrages, dont les romans d'André Theuriet, "la Chanoinesse" et "Le secret de Gertrude".

Il comptait 521 habitants au début du XXème siècle.  Pour son malheur, il s'est trouvé sur la ligne de Front pendant la Première Guerre mondiale. Pendant quatre ans, les adversaires se sont combattus sur les hauteurs situées à environ trois kilomètres du village, du côté du ravin des Meurissons, du plateau de Bolante et de la côte 285.

Il a été presque entièrement détruit, à l'exception de l'abbaye cistercienne convertie pendant la guerre en hôpital militaire de premiers secours et par conséquent relativement préservée, et une habitation, La Chevrie, protégée par un repli de terrain.

La population qui avait complètement déserté les lieux, n'est pas revenue après la guerre, à l'exception de quelques familles. Le village ne s'est jamais remis de cette hémorragie. Il a aussi pâti du fait que l’électricité n'y a fait son apparition qu'au début des années 20 et qu’il faudra attendre 1954 pour que les maisons soient reliées à un réseau d'adduction d'eau. Il fallait jusque là, "aller à la source" et puiser de l'eau dans l'un des ruisseaux qui traversent le village, le ruisseau des Sept-Fontaines et celui de la Chevrie.

Tout ceci explique que le village dépourvu de tout commerce et de toute entreprise, ne compte plus de nos jours officiellement (au 1er janvier 2015), que 74 "Chaladiers", dont 58 électeurs.        

 

La Chalade - Son patrimoine

Outre son abbaye, La Chalade compte six autres sites ou monuments emblématiques de l'histoire douloureuse du village :

  • le monument-ossuaire de la Haute-Chevauchée, érigé en 1922 sur la côte 285 sur les lèvres d'un des entonnoirs de mine qui jalonnent la ligne de front dans ce secteur d'Argonne
  • le cimetière de la Forestière, où reposent 2017 soldats français
  • le monument dédié aux Garibaldiens, et en particulier à Bruno et Costante Garibaldi tombés en décembre 1914 et janvier 1915
  • le Kaiser Tunnel (fermé actuellement), ouvrage souterrain allemand reliant le ravin des Meurissons au ravin de la Fille morte
  • le ravin du Génie, côté français, occupé par le 1er Régiment du Génie, qui prit une part déterminante à la guerre des mines dans le secteur.
  • une stèle dédiée aux sept aviateurs de la Royal Air Force, tombés en forêt d'Argonne le 18 novembre 1943

Les actions de l'association en 2015/2016

  • 2015 - Travaux d'entretien de l'église (en partenariat avec l’État, le Conseil départemental de la Meuse, la Fondation du Patrimoine, la communauté de communes Centre Argonne et la commune de La Chalade)

- diagnostic sur l'état de la charpente

- renforcement de l'étanchéité de l'édifice

- nettoyage des chéneaux

- désignation d'un architecte du patrimoine, maître d'oeuvre

ainsi que la réhabilitation du clocher attenant.

  • 2016 - Recrutement d'un maître d’œuvre chargé de définir, planifier et estimer un programme de travaux sur quatre ans.
  • Tout au long de ces deux années :

- Animation du site (visites guidées en saison le mardi après-midi à 14 heures ou sur demande pour les groupes, concerts, expositions permanentes ou temporaires

 

- Développement des contacts avec les autres associations de mise en valeur du patrimoine cistercien et du patrimoine argonnais

  • Soutien au projet de circuit de randonnée reliant tous les sites remarquables de la commune (en cours de labellisation) et au projet de chemin de Compostelle Belgique-Vezelay passant par La Chalade (balisage effectué à travers le village, le 21 octobre 2016)

         

concert donné le 24 avril 2015 par la chorale Philippe de Vitry

Objectif 2020

 

  • Après les travaux conduits au cours de l'hiver 2015/ 2016 et le diagnostic sur la charpente dressé à cette occasion, le cabinet d'architectes du patrimoine, - l'Agence Caillault - maître d’œuvre  chargé de déterminer et de planifier un ensemble de travaux d'urgence et de restauration a rendu son étude.
  • Les travaux vont consister pour l'essentiel à effectuer les grosses réparations et consolidations sur la charpente, suivre l'évolution de la façade ouest qui donne des signes de "désordre", mener à bien un gros travail de restauration des vitraux, dont certains datent des XIIIème et XIVème siècles, sont extrêmement rares et ont été déposés il y a plus de vingt ans.
  • Les opérations seront conduites sous l'autorité de la DRAC Grand Est, grâce à l'assistance à maîtrise d'ouvrage de la Conservation régionale des monuments historiques et avec le  soutien financier de l'Etat, de la Région Grand-Est, du Département de la Meuse et de la Fondation du Patrimoine.
  • L'Association des amis de l'église abbatiale devra être en mesure de contribuer à hauteur de la part incombant à la commune. Le soutien financier de tous (entreprises, particuliers) est indispensable pour relever le défi des quatre années à venir. AIDEZ-NOUS A SAUVER CE JOYAU DU PATRIMOINE MEUSIEN EN FAISANT UN DON A L'ASSOCIATION ! Un reçu fiscal est envoyé en fin d'année. MERCI D'AVANCE... 

Nos partenaires associatifs en Argonne

- Offices du tourisme de Sainte-Ménehould et Clermont-en-Argonne 

http://www.argonne.fr/

http://www.tourisme-argonne.fr/

- Le Comité commémoratif d'Argonne

35, route de Varennes - 55270 Boureuilles

- Argonne-Meuse-Patrimoine

5, rue de la Gare - 55120 Les Islettes

- Association des amis de Vauquois et de sa région

http://butte-vauquois.fr/

- Le Souvenir français

Souvenir-francais55.fr

- L'Association des amis du verre en Argonne

64, rue Bancelin - 55120 Les Islettes

- Association Mémoire De Nos Villages

1, ruelle Beau Soleil - 55000 Hargeville-sur-Chée

- France-voyage.com

http://www.france-voyage.com/villes-villages/lachalade-20169.htm

- Pays d'Argonne

 

Comment nous soutenir

en nous rejoignant au moyen du bulletin d'adhésion

Bibliographie

Ouvrages évoquant La Chalade et son abbaye :

- Guides

- Argonne (G. Chenet)

- Le guide de l'Argonne (La manufacture, 1987)

- La Lorraine (Editions Ouest-France 2007)

- Revues

- Horizons d'Argonne n° 64 (consacré à l'abbaye), publication du Centre d'études argonnais

- Romans/Récits

- André Theuriet "Le secret de Gertrude"

- André Theuriet "La Chanoinesse" (Nelson)

- John Dos Passos "L'initiation d'un homme"

- Alcide Leriche "En Argonne : sur les traces des moines" (Imprimerie Lefevre 1978)
- Ernest Deliège "Un Poilu dans la forêt d'Argonne" (Le Livre d'histoire 2010)

- Ouvrages évoquant l'Argonne :

        - Ch. Aimond, L'énigme de Varennes (1936) ;

        - J. Babin, Les parlers de l'Argonne (1954) ;

        - E. Bonvalot, Le Tiers Etat d'après la charte de Beaumont (1884) ;

        - G. Chenet, La céramique gallo-romaine d'Argonne (1941) ;

        - Collectif, Découverte de l'Argonne (1978-1986) ;

        - Collectif, Le guide de l'Argonne (1987) déjà cité ;

        - J. Hussenet, Argonne 1630-1980 (1982) ;

        - L. Lallement, Contes rustiques et folklore de l'Argonne (1913) ;

        - Laurent, L'Argonne et ses bordures (1951) ;

        - A. Leriche, En Argonne : sur les traces des moines (1979) ;

        - A. Rouyer, La guerre 1914-1918 en Argonne (1969-1975) ;

        - R. Tilloy, Bibliographie de l'Argonne (1958).